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Le point sur le nouveau contraceptif d’urgence, l’acétate d’Ulipristal (Ellaone®)
Rédigé le 12 janvier 2010
Le congrès GENESIS 2009 a été l’occasion de faire le point sur la contraception d’urgence. Bien qu’il existe des méthodes de contraception hautement efficaces, on estime à près de 88 millions le nombre de grossesses non prévues à travers le monde. En France, le taux élevé d’utilisation de la contraception n’empêche pas la survenue de 13% de grossesses non prévues et d’un taux d’avortements de 21 %. Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) ) reste constant dans l’hexagone et illustre bien le paradoxe de la situation française. La contraception d’urgence est un des moyens qui peut permettre d’améliorer ce contexte, avec notamment la mise sur le marché d’EllaOne® qui peut prévenir une grossesse non désirée jusqu’à cinq jours suivant un rapport sexuel non protégé ou en cas d’échec d’une méthode contraceptive.
Aujourd’hui en France le produit de référence pour la contraception d’urgence est le lévonorgestrel (LNG) à la dose de 1,5 mg (Norlévo®), disponible sans ordonnance, avec une délivrance anonyme et gratuite pour les mineures.
L’acétate d’Ulipristal (UPA) est le dernier-né des contraceptifs d’urgence, commercialisé depuis le 1er octobre sous le nom d’Ellaone® (HRA Pharma) et disponible uniquement sur prescription médicale.
Il est efficace jusqu’à 5 jours après un rapport non protégé (3 jours pour le lévonorgestrel) .
En pratique, il faut prendre un comprimé de 30 mg, au plus tard dans les 120 heures suivant le rapport non protégé. En cas de vomissements dans les 3 heures qui suivent la prise, la femme peut reprendre un comprimé.
L’acétate d’Ulipristal est un modulateur sélectif des récepteurs de la progestérone (selective progesterone receptor modulator). Il s’agit simplement d’un antagoniste de la progestérone, un inhibiteur des récepteurs de la progestérone, ayant en outre un effet inhibiteur des récepteurs des glucocorticoïdes. L’ulipristal, développé sous le nom de CDB-2914, est, par sa structure chimique et ses propriétés pharmacologiques une copie de la mifépristone, RU-486, ou Mifégyne*. La mifépristone s’est aussi montrée efficace comme contraceptif post-coïtal.
Des études ont comparé l’efficacité de l’UPA au lévonorgestrel jusqu’à 72 heures et jusqu’à 120 heures après le rapport non protégé.
Il apparaît que l’UPA est 3 fois plus efficace que le LNG quand il est donné dans les 24 heures et 2 fois plus efficace s’il est donné dans les 72 heures L’UPA reste efficace jusqu’à 120 heures après le rapport alors que le LNG ne l’est plus après 72 heures.
Enfin, le poids a moins d’impact sur l’UPA dont l’efficacité n’est pas modifiée jusqu’à une valeur d’Indice de masse corporelle (IMC) inférieure à 35.
Les règles suivantes sont normales (retard moyen de 2 à 3 jours).
Le profil de tolérance est comparable à celui du LNG et les deux seules contre-indications sont la grossesse et l’hypersensibilité à l’UPA.
En cas d’échec, la grossesse évolue normalement, les données n’ayant pas montré d’effet tératogène chez l’animal.
Source :
Genesis 2009
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